La luminothérapie : un traitement non invasif contre la dépression


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La luminothérapie : un traitement non invasif contre la dépression

Depuis le milieu des années 2000, la luminothérapie a progressivement migré des établissements de santé vers nos domiciles, profitant des avancées technologies mais aussi et surtout des résultats probants récoltés par les laboratoires de R&D de certains fabricants comme Philips, Beurer et Lumie. Si la luminothérapie s'impose comme une option intéressante pour le traitement d'un vaste spectre de troubles et problèmes de santé, elle reste, de loin, plébiscitée pour ses bienfaits sur le rythme circadien.

Aujourd'hui, la luminothérapie est même préconisée par les psychiatres et autres psychothérapeutes en tant que traitement de première intention, seul ou en complément de la médication, pour venir à bout de certaines formes de déprime et de dépression. Non invasive, économique et peu encombrante (une demi-heure par jour suffit largement), la luminothérapie coche toutes les bonnes cases. Voici tout ce qu'il faut savoir sur son apport pour soulager les symptômes de la dépression et autres troubles psychiques.

Données cliniques sur l'efficacité de la luminothérapie contre le Trouble dépressif majeur (TDM)

Le Trouble dépressif majeur (TDM) est un état de souffrance psychique qui se traduit par des symptômes de dépression exacerbés affectant le quotidien des malades. Contrairement à la dépression saisonnière, le trouble dépressif majeur, également appelé stress post-traumatique, est chronique et n'intervient pas dans la saisonnalité.

La luminothérapie est efficace pour le traitement de certaines formes du Trouble dépressif majeur. La fluoxétine, que l'on retrouve dans le Prozac, est la molécule la plus utilisée pour le traitement des dépressions depuis plusieurs décennies. Une étude récente menée par l'Université de Philadelphie a démontré que la luminothérapie était plus efficace que la fluoxétine pour le soulagement des symptômes des épisodes dépressifs majeurs. La molécule médicamenteuse affiche une efficacité de 20 %, contre un peu plus de 44 % pour la luminothérapie. La thérapie mixte qui combine la fluoxétine et la luminothérapie affiche une efficacité de 60 %.

Des résultats similaires ont été observés dans une étude qui a comparé la luminothérapie à la Venlafaxine (que l'on retrouve dans l'Effexor) dans le traitement des cas graves de dépression chez les patients hospitalisés. Cette étude a montré que les symptômes de la dépression avaient quasiment disparu chez 76 % des patients qui ont pris de la Venlafaxine en complément à des séances quotidiennes de luminothérapie. Le groupe témoin qui n'a pas bénéficié de la luminothérapie a enregistré un taux de « guérison » de 44 %.

Ces deux études montrent que la luminothérapie, combinée à une médication adéquate, agit efficacement sur les symptômes de la dépression, même majeure. Si vous comptez utiliser la luminothérapie pour vous remettre d'une déprime ou d'une dépression, parlez-en d'abord à votre médecin traitant.

La luminothérapie et le Trouble Affectif Saisonnier (TAS)

Environ 14 % de la population mondiale souffre ou souffrira un jour du Trouble Affectif Saisonnier (TAS) . Il s'agit de la deuxième cause d'invalidité la plus fréquente dans le monde. La dépression saisonnière implique des humeurs maussades qui apparaissent en automne ou en hiver et qui s'améliorent au printemps et/ou en été.

Les personnes souffrant de TAS peuvent également être très fatiguées, dormir plus que de raison (hypersomnie), avoir un excès d'appétit avec notamment des envies de sucre et prendre du poids. Environ 2 % des personnes qui vivent dans les régions du nord de la France souffrent de dépression saisonnière, en conséquence d'un ensoleillement plus faible que dans le reste de l'Hexagone. Les femmes sont plus exposées au TAS.

La luminothérapie est le premier traitement utilisé pour traiter le TAS par les psychothérapeutes, avec un taux d'efficacité impressionnant qui oscille entre 60 et 90 %. Certaines personnes constatent une amélioration nette et substantielle de leur état de santé à peine 2 jours après le début des séances de luminothérapie. Pour d'autres patients un peu moins réceptifs, cela peut prendre jusqu'à 4 semaines. Les personnes à risque de développer un Trouble Affectif Saisonnier sont :

  • Celles qui vivent dans des régions à faible ensoleillement ;
  • Celles qui travaillent de nuit (et qui dorment donc pendant la journée) ;
  • Celles qui travaillent dans des bureaux peu ensoleillés ;
  • Les personnes qui travaillent dans des environnements obscurs, comme les mines ;
  • Les personnes qui voyagent beaucoup et qui souffrent donc du décalage horaire.

La luminothérapie et le trouble bipolaire

Le trouble bipolaire implique des sautes d'humeur extrêmes allant des symptômes classiques de la dépression à un état d'euphorie que l'on peut qualifier de maniaque. Ces sautes d'humeur affectent le quotidien des patients, avec un impact négatif sur leur vitalité et leur sommeil. La luminothérapie peut contribuer à soulager les symptômes dépressifs chez les personnes atteintes de troubles bipolaires. Il a été démontré que la thérapie par la lumière n'avait aucun effet secondaire lorsqu'elle était utilisée dans le cadre d'un traitement global pour venir à bout des symptômes du trouble bipolaire.

La luminothérapie et les troubles de l'anxiété

L'anxiété est la maladie mentale la plus courante dans les pays de l'OCDE. Un nombre toujours plus croissants de travailleurs se plaignent aujourd'hui d'épisodes d'anxiété. L'OMS a en effet affirmé que l'anxiété touchait désormais de manière égale les personnes en bonne santé et celles dites « à risque » (personnes souffrant de dépression, de troubles bipolaires et autres troubles de l'humeur). L'anxiété est par ailleurs la première cause de l'absentéisme et de la diminution de la productivité en entreprise.

Les médicaments anxiolytiques ont une efficacité limitée à long terme. Leurs effets secondaires indésirables comprennent la dépendance (pour les agonistes des benzodiazépines), la somnolence, les troubles de la cognition et de la mémoire ainsi que des dysfonctionnements sexuels. Des traitements alternatifs ou adjuvants pour l'anxiété sont donc de plus en envisagés pour pallier les effets secondaires des médicaments.

L'exposition à la lumière vive serait un traitement anxiolytique potentiellement intéressant, car la lumière du soleil (ou toute lumière la simulant), possède des effets antidépresseurs. La comorbidité et la similarité neurochimique communes entre l'anxiété et la dépression (par exemple, la réactivité aux mêmes médicaments) permettent de penser que la lumière vive pourrait également avoir des effets anxiolytiques intéressants, mais des études cliniques supplémentaires doivent encore être réalisées.