Luminothérapie : mode d’emploi, utilité et dispositif


3482 vues
Luminothérapie : mode d’emploi, utilité et dispositif

Les troubles du rythme circadien et de l'horloge interne sont particulièrement handicapants, entament le confort, la qualité de vie et l'état général de santé de ceux qui en souffrent. Leur prévalence est beaucoup plus élevée dans les pays de l'hémisphère nord pour une raison simple : le faible taux d'ensoleillement, notamment en automne et en hiver. En effet, la carence d'exposition à la lumière du jour se traduit par une série de symptômes en lien avec l'humeur, le sommeil et l'énergie.

Les dispositifs de luminothérapie visent à produire une lumière artificielle qui simule celle du soleil, que ce soit au niveau de la longue d'onde, de la couleur, de la température des couleurs, de l'Indice de Rendu des Couleurs et de l'intensité lumineuse, afin de « tromper » le cerveau et induire les réactions chimiques nécessaires au bon fonctionnement de notre organisme.

Les critères décisifs de l'efficacité de la luminothérapie

L'histoire de la luminothérapie remonte à plus de 3 000 ans en Inde, où la lumière du soleil était utilisée à des fins thérapeutiques et consignée dans les textes sacrés hindous. Aujourd'hui, les effets bénéfiques de la luminothérapie sont bien établis, puisque le protocole, qualifié de non invasif, est largement utilisé dans la psychothérapie, dans la dermatologie et, plus généralement, pour améliorer la qualité de vie des patients souffrant de certaines pathologies en lien avec le dérèglement du rythme circadien.

La luminothérapie recourt à la lumière visible (psychothérapie) ou à la lumière ultraviolette ou infrarouge non visible (dermatologie) pour traiter un large spectre de pathologies. Si les lampes à incandescence, les lampes fluorescentes et les ares électriques étaient les principaux véhicules de la thérapie par la lumière dans les années 1980, la lampe de luminothérapie s'impose aujourd'hui comme le dispositif phare pour ceux qui souhaitent traiter une carence d'exposition à la lumière du soleil.

Cette dernière émet une lumière artificielle de 10 000 lux, avec une température de couleur comprise entre 5 500 et 6 500° K (degrés Kelvin), sachant que le soleil affiche une température de 5 900° K à son zénith, ainsi qu'un Indice de Rendu des Couleurs (IRC) supérieur à 85 (le soleil a un IRC de 100, à son zénith).

L'identification du rythme circadien individuel et le choix du timing des séances de luminothérapie sont des critères décisifs pour rééquilibrer l'horloge interne du patient par le biais de cette thérapie. Deux propriétés définissent les fondements biologiques de la luminothérapie (également connue sous le nom de photothérapie) : la longueur d'onde et l'intensité. La gamme de longueurs d'onde de la lumière visible va approximativement de 780 nm (extrémité rouge) à 400 nm (extrémité violette).

Quel est le mécanisme de la luminothérapie ?

Le rythme circadien est souvent appelé horloge biologique et représente un cycle de 24 heures qui régule le sommeil et d'autres processus physiologiques. L'Homme étant un être diurne, son organisme est calé sur les schémas du soleil. Et c'est ici la raison d'être de la luminothérapie : remplacer le soleil lorsque celui-ci se fait rare (automne ou hiver), mais aussi lorsque le patient n'est pas exposé à la lumière du jour pour des raisons médicales ou professionnelles.

Dans le passé, les chercheurs utilisaient le plus souvent une lumière blanche brillante (c'est-à-dire un spectre mixte de longueurs d'onde qui imitent la lumière du jour) afin d'étudier les effets de la lumière sur le rythme circadien humain. D'autre part, des études récentes ont démontré une meilleure efficacité de la lumière bleue de courte longueur d'onde (environ 460 nm) avec de meilleures propriétés de déphasage par rapport au reste du spectre lumineux visible. La luminothérapie cible l'horloge biologique humaine et tente de remettre à zéro la phase d'activité de l'horloge par rapport aux cycles de lumière et d'obscurité (cycle jour – nuit).

Ainsi, les objectifs communs de la luminothérapie sont de synchroniser le cycle veille – sommeil par la régulation de la sécrétion de la sérotonine (hormone du bien-être) et de la mélatonine (hormone du sommeil), de faciliter le sommeil à une heure souhaitée, du jour ou de la nuit, et d'obtenir des effets indirects sur l'humeur du patient. La luminothérapie est aujourd'hui un traitement de première intention pour venir à bout du Trouble Affectif Saisonnier (TAS) et de certaines formes de dépressions.

La thérapie photodynamique (ou PDT) est un type spécial de luminothérapie qui combine l'exposition à la lumière artificielle et la prise de médicaments photosensibilisants pour améliorer la réceptivité de l'organisme. Les médicaments n'agissent qu'après avoir été activés par certains types de lumière. Dans la littérature médicale, cette procédure est également connue sous le nom photoradiation ou, lorsqu'elle vise à attaquer des cellules cancéreuses, de photochimiothérapie.

Les applications de la luminothérapie dans la pratique clinique

En psychiatrie et en neurologie, la luminothérapie est utilisée pour traiter un large éventail de troubles qui sont généralement classés en trois grandes catégories. Il s'agit notamment des troubles causés par la désynchronisation entre le rythme circadien de l'organisme et l'environnement extérieur (cycle éveil – sommeil et rythme jour – nuit), des troubles de l'humeur et des troubles hybrides. Pour ce faire, le patient pourra compter sur différents appareils de luminothérapie comme les lampes, les réveils simulateurs d'aube (et de crépuscule) ainsi que les lunettes à lumière blanche enrichie de bleu.

De même, il a été démontré que la luminothérapie à la lumière visible (en particulier à la lumière bleue) améliorait l'état de la peau dans les cas d'acné récalcitrante et autres imperfections cutanées. En atteignant les glandes sébacées de la peau, la lumière bleue stimule les porphyrines, ces composés produits par les bactéries qui provoquent l'acné (notamment du genre Propionibacterium). Lorsqu'elles sont activées par la lumière, les porphyrines peuvent détruire les bactéries de l'intérieur.

La jaunisse néonatale se traduit par le jaunissement de la peau à cause de l'augmentation des niveaux de bilirubine totale chez les nourrissons. La luminothérapie à la lumière bleue est le traitement de choix pour les nouveau-nés par ailleurs en bonne santé et présentant un taux élevé de bilirubine non conjuguée.

La thérapie photodynamique joue également un rôle important dans le traitement des maladies dermatologiques telles que la kératinose actinique, diverses lésions cutanées et le cancer de la peau non mélanique. Des applications de ce type de traitement ont été utilisées dans des cas de maladies parodontales, de leucoplasie buccale, de cancer buccal, de dégénérescence maculaire et d'une panoplie de tumeurs provenant de divers tissus et systèmes d'organes.

La luminothérapie à basse intensité (LBI) est aujourd'hui un outil prometteur dans le traitement d'une grande variété de troubles et de pathologies comme la douleur arthritique, le retard de cicatrisation des plaies et les accidents vasculaires cérébraux aigus. On estime que la luminothérapie agit en augmentant de manière fulgurante les niveaux d'énergie (ATP), en boostant les protéines du choc thermique et en maximisant les antioxydants dans le corps.