Luminothérapie : origines, utilité, précautions d’emploi


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Luminothérapie : origines, utilité, précautions d’emploi

Si elle s'est imposée dans les pays scandinaves voilà maintenant plus de deux décennies, la luminothérapie fait progressivement son entrée dans les foyers français, après s'être installée dans les établissements de soin de santé pour le traitement des pathologies en lien avec le dérèglement du rythme circadien et de l'horloge interne (lumière blanche et/ou bleue) ainsi que pour venir à bout de certaines formes d'acné récalcitrantes (lumière rouge).

Dans ce dossier consacré à la luminothérapie, nous vous proposons un bref aperçu historique de ce protocole thérapeutique, un point sur son mode de fonctionnement, un tour d'horizon des avis des utilisateurs et de la communauté scientifique ainsi que les précautions d'usage à respecter pour profiter des bienfaits de la lumière artificielle en toute sécurité.

Il était une fois… la luminothérapie

La luminothérapie renvoie une image très « high tech », qui peut laisser entendre que le protocole est une innovation datant des ces dernières années. En réalité, on retrouve des références sur le concept qui sous-tend la luminothérapie dans la littérature bouddhiste, notamment dans les écrits datant de 200 avant J.-C. Des documents chinois du 10e siècle faisaient déjà référence à l'amélioration de l'humeur et de l'énergie lorsque l'on s'expose à la lumière du soleil, lorsque ce dernier est à son zénith.

Dans l'Antiquité, les Egyptiens construisaient des temples avec des solariums pour traiter les pathologies cutanées en s'exposant à la lumière du soleil. En Grèce, Pythagore utilisait la couleur pour soigner certains troubles physiques et psychiques, par l'intermédiaire d'un filtre en verre entre la source lumineuse et le patient. Les Assyriens et les Babyloniens pratiquaient tous des bains de soleil thérapeutiques. La ville grecque d'Héliopolis (qui signifie littéralement « Ville du soleil ») était réputée pour ses temples abritant des solariums thérapeutiques et des salles « de lumière » ponctuées par des fenêtres recouvertes de tissus teints.

Mais les premières tentatives de théorisation de l'impact de la lumière naturelle sur le cerveau et, plus largement, le système nerveux, ont eu lieu au début du 19e siècle sous l'impulsion d'Augustus Pleasanton. Le premier ouvrage en la matière a été réalisé par Edwin Babbitt, dans lequel il explique comment le « Chromodisc », un objet permettant de « colorer » la lumière du soleil, permettait de traiter certains problèmes de la peau. Ce sont les débuts de la luminothérapie médicale !

Le chercheur danois Neils Ryberg Finsen obtiendra le prix Nobel pour ses travaux sur le traitement de la tuberculose cutanée par la lumière ultraviolette, au bout de 23 ans de recherche durant la première moitié du 20e siècle. Les premières découvertes de l'impact de la lumière naturelle sur le bien-être, l'humeur et le sommeil datent des années 1970, sous l'impulsion de John Ott et de ses équipes. Aujourd'hui, la luminothérapie fait partie des protocoles thérapeutiques préconisés par les médecins pour soigner un large spectre de pathologies, parfois en première intention :

  • Les Troubles Affectifs Saisonniers (TAS) et les épisodes dépressifs en lien avec la carence d'exposition à la lumière du jour ;
  • Les troubles du sommeil, comme l'insomnie et l'hypersomnie ;
  • Le Syndrome de la Fatigue Chronique, qui se caractérise par une baisse durable d'énergie qui ne disparaît pas avec le repos ;
  • Certains comportements alimentaires compulsifs comme l'anorexie et la boulimie ;
  • Certains problèmes de peau, notamment les formes récalcitrantes de l'acné ;
  • Les recherches s'intéressent aujourd'hui au potentiel intéressant de la luminothérapie dans le traitement et la prévention des troubles bipolaires, de la maladie d'alzheimer, de la sclérose en plaque, etc.

Passionné par le sujet ? Vous pouvez lire notre article détaillé qui retrace les origines de la luminothérapie ainsi que le cheminement du protocole, depuis les l'Egypte ancienne jusqu'à nos jours.

Quel est le mode opératoire de la luminothérapie ?

Il faut distinguer deux formes de thérapies par la lumière : la luminothérapie destinée à traiter les dérèglements du rythme circadien et de l'horloge interne, puis la luminothérapie destinée à soigner les problèmes de la peau. Lorsque la luminothérapie est utilisée pour contrebalancer une carence en exposition à la lumière du soleil (notamment en automne, en hiver mais aussi toute l'année chez les personnes qui n'ont pas accès au soleil pour une raison ou pour une autre), elle doit reposer sur une lumière artificielle qui simule celle du soleil, par le biais d'une lampe spécial ou de lunettes de luminothérapie :

  • Une intensité lumineuse de 10 000 lux ;
  • Une température de couleurs comprise entre 5 500 et 6 500° K, sachant que le soleil affiche 5 900° K à son zénith ;
  • Un Indice de Rendu des Couleurs (IRC) supérieur à 85, sachant que l'IRC du soleil à son zénith est à 100.

Bien entendu, les dispositifs de luminothérapie doivent filtrer les UV pour garantir la sécurité des utilisateurs. Rassurez-vous : tous les dispositifs de luminothérapie commercialisés sur le marché grand public filtrent au moins 99 % des UV. En consultant des centaines d'avis d'utilisateurs, nous n'avons relevé aucun cas de problèmes cutanés conséquents à l'utilisation d'une lampe de luminothérapie.

L'idée ici est de « tromper » le cerveau. En s'exposant à la lumière artificielle le matin, au réveil, le patient déclenche la cascade des réactions chimiques nécessaires à la sécrétion de la sérotonine et à l'arrêt de production de la mélatonine pour aider l'organisme à sortir de sa torpeur et attaquer la journée dans les meilleures dispositions.

Il faut savoir que l'équilibre mélatonine – sérotonine est capital pour notre équilibre, que ce soit pour le sommeil, mais aussi l'humeur, l'énergie, l'alimentation, etc. Pour aller plus loin, consultez notre article détaillé sur le fonctionnement de la luminothérapie, que ce soit pour le traitement des déphasages circadiens ou le traitement des problèmes de peau.

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